Exclusif : Interview du Directeur Général de l’Institut Panafricain Cardinal Martino (IPCM), le Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA

whatsapp-image-2019-12-16-at-11-47-26Presse UCC, Stéphane YUMA

Parlez-nous brièvement de l’IPCM ?

IPCM, Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA

Je tiens avant tout à remercier le Bureau chargé de la Communication et Presse de l’UCC, spécialement notre Assistant Stéphane YUMA KALEMA qui me donne l’opportunité de faire connaître l’Institut Panafricain Cardinal Martino (IPCM) qui est un patrimoine non seulement de l’UCC, mais également de l’Église et de la société congolaise, et -je dirai mieux-, de toute l’Église d’Afrique et de l’Afrique entière.

Erigé par le décret n° CENCO/PR/NDL/03/12/0000148/2009/H-4 du 03 décembre 2009, l’IPCM une institution de formation universitaire et de formation permanente qui fonctionne sous le haut patronage du Dicastère pour le Service du Développement Humain et de l’autorité de la CENCO.

Il a pour mission d’assurer l’étude, l’approfondissement et la vulgarisation de l’Enseignement social de l’Église afin d’aider l’Église famille de Dieu en Afrique à répondre adéquatement aux défis d’aujourd’hui et de demain dans l’édification d’une Afrique et d’un monde de justice, de paix et de solidarité.

Presse UCC, Stéphane YUMA

Quel est le type de formation qui est assurée par l’IPCM et quel est le profil du candidat qui est admissible ?

IPCM, Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA

L’IPCM assure un enseignement universitaire diplômant et une formation permanente avec brevet ou certificat de participation. Il s’agit d’un enseignement qui met la personne humaine, avec sa dignité transcendante et ses droits universels, inviolables et inaliénables, au cœur de toutes les réalités sociales, qu’il s’agisse de la famille, du travail, de l’économie, de la politique, de l’environnement, de la paix jusqu’aux réalités complexes de la vie internationale.

Au programme universitaire de l’IPCM sont admis les candidats porteurs d’au moins une licence selon le système LMD (graduat) pour un Master spécial. Les autres candidats postuleront à la formation permanente pour un brevet ou pour un certificat selon le programme.

Les masters spéciaux sont les suivants : Master de recherche en Enseignement social de l’Eglise, Master professionnel en Gouvernance et Droits humains, Master professionnel en gestion des conflits et construction de la paix, Master professionnel en environnement et énergies renouvelables, Master professionnel en Géomatique.

Presse UCC, Stéphane YUMA

Pourquoi « panafricain » ?

IPCM, Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA

Bien que son siège se trouve ici en République démocratique du Congo, au sein de l’UCC, l’Institut Cardinal Martino a été érigé pour accueillir les ressortissants de tous les Etats africains, et ce, aussi bien pour la formation que pour l’enseignement et la recherche. Les étudiants et les enseignants devront donc provenir de tous les Etats africains ; et les langues d’enseignement prévues sont le français, l’anglais et le portugais.

L’IPCM se veut une réponse au contexte d’une Afrique déchirée par les conflits armés, les violations des droits de l’homme, les pillages des ressources naturelles, la mauvaise gouvernance, la marginalisation et la discrimination de la femme dans les sphères de prise des décisions.

Il est appelé à être un haut lieu de formation des acteurs socio-politiques pour la promotion de la justice, de la paix et de la réconciliation en Afrique ; un lieu de réflexion et de dialogue interculturel qui puisse aider les Africains à s’imprégner de la lumière de l’Évangile du Christ et de leurs nobles valeurs culturelles communes, pour bâtir en Afrique et hors de l’Afrique, hic et nunc, une culture de la paix, de la justice et de l’amour, prémisses du Règne de Dieu à venir.

Presse UCC, Stéphane YUMA

Qui est le Cardinal Martino ?

IPCM, Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA

Le Cardinal RENATO MARTINO, dont le nom a été donné à l’Institut, est un Cardinal italien qui a été Président du Conseil Pontifical Justice et Paix, devenu aujourd’hui le Dicastère pour le Développement Humain Intégral, de 2002 à 2009. Outre le fait que c’est à lui que l’on doit l’idée et l’initiative de la création d’un Institut d’Enseignement social en Afrique, l’on se souviendra aussi que c’est pendant son mandat que le Dicastère a publié le Compendium de la doctrine sociale de l’Église, une véritable « mine d’or » de l’enseignement pluriséculaire de l’Église sur le social.

Presse UCC, Stéphane YUMA

Comment et dans quel contexte est né l’IPCM ?

IPCM, Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA

L’IPCM est né à l’initiative du Conseil Pontifical Justice et Paix, à l’issue de la 2ème Assemblée du Synode des Évêques consacrée à l’Afrique qui s’est tenue à Rome du 4 au 25 octobre 2009, autour du thème « L’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, la justice et la paix. »

Considérant l’urgence de la paix, de la justice et de la réconciliation dans un continent meurtri par les guerres, les conflits et la mauvaise gouvernance, le Conseil Pontifical Justice et Paix, alors présidé par le Cardinal Martino, a jugé nécessaire la création d’un Institut Panafricain d’Enseignement social de l’Église.

Presse UCC, Stéphane YUMA

Qui ont été les acteurs principaux de l’IPCM

IPCM, Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA

Si l’on entend par « acteurs principaux » ceux qui ont joué un rôle déterminant dans l’érection de cet Institut, nous citerons là alors le Conseil Pontifical Justice et Paix, la Conférence Épiscopale de la RD Congo (CENCO) qui avait sollicité et accepté d’abriter cette Institution panafricaine et le Conseil d’Administration de l’UCC à qui revient la charge de l’administration. Nous pensons ici à quelques animateurs de ces institutions dont le rôle a été remarquable : le Cardinal RENATO MARTINO, alors Préfet dudit Dicastère et  Son Excellence Mgr Nicolas DJOMO, Président de la CENCO.

A ceux-ci, il faut ajouter, comme nous l’avons dit, les différents Conseils d’Administration de l’UCC et les deux premiers Directeurs qui y ont travaillé d’arrache-pied malgré les nombreuses difficultés d’implantation. Il s’agit de Révérends Abbés Apollinaire Malu Malu et Robert Kamangala, tous deux appelés auprès du Seigneur.

Presse UCC, Stéphane YUMA

Qui est l’actuel Directeur Général de l’IPCM ?

IPCM, Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA

C’est bien moi le Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA. Je suis prêtre du diocèse de Boma et professeur de morale fondamentale à la Faculté de théologie de l’UCC. Je suis détenteur d’un doctorat en théologie morale de l’Académie Alfonsiana de Rome (Université Pontificale du Latran). J’ai été, des années, Recteur du Grand Séminaire Interdiocésain Saint Robert Bellarmin de Mayidi et membre du Conseil d’Administration de l’UCC, Représentant des Grands Séminaires et du Clergé.

Et, c’est le 19 septembre 2019 que, sur proposition des Archevêques et Évêques membres de la CENCO, son Éminence Peter K.A. Cardinal TURKSON, Préfet du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, m’a nommé Directeur Général de l’IPCM pour un mandat de trois ans.

Presse UCC, Stéphane YUMA

Quelle est votre vision et quelles sont les actions prioritaires que vous comptez entreprendre ?

IPCM, Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA

Je considère cette charge comme un service à rendre à l’Église et à la société. Je suis conscient de nombreux défis à affronter. Ce qui me paraît être le défi majeur, c’est donner une configuration à une institution qui est encore à édifier matériellement, à construire scientifiquement, financièrement et administrativement.

Ainsi, au menu des actions prioritaires, je pense qu’il faut :

  1. rendre davantage « visible » l’IPCM par quelques actions encore à définir avec la Commission Épiscopale « Justice et paix » et par un travail d’information et de sensibilisation. Il faudrait entre autre rappeler aux différentes Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar les services que l’IPCM peut offrir.
  2. trouver les voies et moyens pour rendre effectif le fonctionnement de l’IPCM. Outre les moyens financiers et les partenaires, une bonne équipe de travail est nécessaire.
  3. Actualiser le travail de la programmation des cours qui a déjà été fait.

Presse UCC, Stéphane YUMA

Où est établi l’IPCM (ses bureaux, ses locaux) et quelle est sa relation avec l’UCC ?

IPCM, Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA

Le siège de l’IPCM est en pleine construction sur le site de l’Université Catholique du Congo (UCC), à Mont-Ngafula, dans la ville de Kinshasa. Ses locaux seront bientôt opérationnels. Dans l’entretemps, son bureau est dans le site de l’UCC à Limete.

Plus qu’un locataire, l’IPCM est une partie intégrante de l’UCC, jouissant toutefois d’une autonomie de gestion. Le Conseil d’Administration de l’UCC administre aussi l’IPCM. Il rend compte au Président de la CENCO, Grand Chancelier de l’UCC et de l’IPCM.

Presse UCC, Stéphane YUMA

Quels sont les organes de l’IPCM, comment fonctionnent-ils ? (ses ressources et son patrimoine)

IPCM, Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA

L’organisation de l’IPCM doit encore se dessiner. Pour le moment, il a un Directeur Général et un Secrétaire Académique Général.

L’IPCM dispose de locaux et est à la recherche des partenaires pour son fonctionnement. Il sollicite la générosité des hommes, des femmes et des institutions désireux de construire une Afrique de paix, de juste et de bonne gouvernance.

Presse UCC, Stéphane YUMA

Merci beaucoup Professeur Abbé Jules MUANDA KIENGA pour votre disponibilité. Et bon vent à l’IPCM !

Fait à Kinshasa, le 13 décembre 2019

                                                                      Pour la Presse UCC

Assistant Stéphane Jean-Berchmans YUMA KALEMA

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